Salut mon copain,



Il faut que tu saches.

Il faut que tu saches qu’après avoir combattu Wolfgang, je me sens comme une coquille vide.

C’est bizarre, hein ?

 

Wolfgang a été pour moi un bon - voire un excellent - faire-valoir. Clairement, le connard, c’était lui sans équivoque. J’étais donc par conséquent la “gentille”, l’équipe favorite d’une part.

D’autre part, j’ai pu montrer une certaine vaillance qui m’a valorisée à mes propres yeux.

Enfin, pendant toute cette période, j’avais un objectif, un gros projet : killer Wolfgang.

 

Quasiment du jour au lendemain, apres un rythme de visite à l’hosto quotidien, tu te retrouves livré à toi-même. Tes cheveux repoussent, mais pas assez vite (tu envies la barbie-que-quand-tu-tires-ses-cheveux-ils-poussent). Tu reviens doucement à ton quotidien. Ton entourage te couve moins. Tu continues d’avoir des effets résiduels des traitements chiants mais supportables et tu commences à entrevoir les effets secondaires de l’hormonothérapie que tu vas prendre tous les jours (c’est un cachet) pendant 5 ans.

 

Tout ça peut, t’amener à déprimer un peu à cause du changement de rythme brusque et tout simplement du contre coup aussi.

 

Aujourd’hui, j’ai tout. Une belle famille, composée d’un mari fantastique, d’une grande fille extraordinaire, d’un garçon génial et d’une petite morue magique. Sans oublier Ixo le chien merveilleux. J’ai enfin ma maison tant attendue que j’adore (c’est pas fini fini) mais on avance ! J’ai de véritables amis et nous sommes en bonne santé (jusque là).

Je n’ai besoin de rien pour toucher le bonheur. J’ai tout ce qu’il me faut !

 

Dans ma tête, c’est un peu plus compliqué. Avec le cancer, il y a un avant et un apres. On le lit/entend partout. C’est vrai. Le cancer révèle ton endurance et ta force, te permet de te rendre compte de la stabilité fragile de la vie, te bouleverse de plein de façons.

 

Pendant les fêtes, j’ai eu un déclic en discutant avec mon frère.

Nous sommes lui et moi, des enfants adoptés. Lui, est retourné en Colombie (son pays d’origine, tu l’auras compris), de mon côté, j’ai longtemps rejeté l’idée de retourner en Corée.

PB a toujours voulu aller visiter ce pays qui le fascine, mais respectait mon désir d’attendre de me sentir préte. Tu l’as compris, je suis prête !!!

corée

 

Lundi 25 janvier, j’ai pris connaissance de mon (maigre) dossier d’adoption. C’est peut-être le début d’une nouvelle aventure...

 

Je t’emmène ?