SLC,

 

Oui, je sais, j'ai laissé le blog à l'abandon...

J'ai voulu passer à autre chose. Là où certaines vont s'investir dans des assos, s'identifier à la cause, je préfère vivre ma vie et ne pas me stigmatiser.

Ce serait faux de dire que tout est derrière moi. Beaucoup pensent que c'est fini après les "gros traitements" (chimio-radio) mais dans mon cas, j'ai 5 ans d'hormonothérapie. Alors bien sûr, c'est moins spectaculaire que les traitements lourds, mais pour le malade c'est quand même super chiant. Il y a beaucoup d'effets indésirables - qui n'empèchent pas de vivre certes - mais mis bout à bout sont pas marrants du tout.

Je parle de l'hormonothérapie aujourd'hui parce que je suis arrivée à mi-chemin. Youpi ! Encore plus que 2 ans et demi à tirer.

Dans mon cas, j'ai commencé par le Tamoxifène. Entre autres effets indésirable, plus de règles : alors je ne me plains absolument pas d'être en aménorrhée au contraire, mais ça cause une ménopause artificielle avec tous les petits symptômes qui vont avec dont les fameuses bouffées de chaleur, prise de poids, fatigue, perte de cheveux... Mes cheveux n'ont jamais été aussi merdiques. Je pense en avoir un bon tiers de moins qu'avant Wolfgang. Mes sourcils sont assez clairsemés et mes cils très pauvres depuis que j'ai arrêté le traitement miracle (qui coûtait un bras) dont je parlais dans le dernier billet.

Mais je problème majeur a été mon humeur. À la fin des grandes vacances (2017), j'ai traversé des périodes de pétage de câble violents. J'avais conscience que mon comportement était démesuré mais je ne pouvais absolument me contrôler. Après quelques épisodes je suis aller consulter car j'avais l'impression de devenir folle. J'étais persuadée que mon médicament y était pour quelque chose. On connaît l'impact de nos hormones sur nos humeurs et clairement ce traitement agit sur les hormones comme son nom l'indique.

Un psychiatre m'a donc mis sous régulateur de l'humeur, médicament qu'on donne aux bi-polaires. Ça a fonctionné, mais si on prend des médocs pour compenser les effets secondaires d'autres médocs on n'en finit pas. De plus, ce régulateur de l'humeur fait grossir une majorité des personnes qui y ont recours. Et comme je pense que l'hormonothérapie fait grossir aussi... Surtout qu'on nous explique à longueur de temps que maintenir son poids limite le risque de récidive. Super !

Je ne vais pas te mentir, j'ai eu envie d'arrêter le Tamoxifene. J'ai d'ailleurs lu ici et là que 20% des patientes arrêtaient le traitement au bout de 2 ans souvent sans le dire à leur oncologue et leur conjoint. C'est intéressant car j'ai pu constater que les effets indésirables évoluent dans le temps, certainement à force de prendre la molécule d'où le fait de ne plus en pouvoir au bout de 2 ans. J'en ai donc parlé à mon oncologue préférée Dr D, je lui ai demandé quelle était vraiment l'interêt de cette hormonothérapie : 47% de risque en moins de récidive si on respecte les 5 ans. Mais, à l'écoute de mes soucis, elle m'a proposé une autre médication.

Là où le tamoxifène se prenait sous forme de cachet quotidiennement, l'autre traitement est sous forme de piqûre tous les 28 jours. L'injection est douloureuse et je dois la faire faire par une infirmière. Hormis le désagrément de la piqûre, ce traitement a l'air d'être bien plus adapté - pour le moment - et j'ai donc pu stopper le régulateur de l'humeur (sous avis médical évidemment.)

J'ai aussi arrêté de fumer depuis 1 ans et demi (avec une rechute en mars de 3 semaines qui a été jugulée), donc niveau poids c'est pas génial. J'ai 6 bons kilos de trop. Et ils sont très difficiles à faire partir, sûrement en partie dû à mon traitement.

Si je continue dans l'état des lieux, mes ongles de pieds commencent à peine à repousser roses (depuis les chimios ils étaient gris). Je pense et j'espère que je retrouverais mes cheveux dans 2 ans et demi, ça parait long, ils sont donc moins nombreux mais aussi très fragiles, fins, fourchus et ultra secs, malgré tous les soins que je leur prodigue.

À part ça, ça va. Les enfants grandissent bien, la vie suit son cours, les hauts succèdent aux bas et ainsi de suite.

Je t'embrasse bien fort et je te tiens au jus de mon prochain bilan en juin !

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